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La rue des Graffitis

Werregarenstraatje

Le Werregarenstraatje : depuis les années 1990, tout le monde peut y bomber, légalement. Les murs reçoivent une nouvelle couche de peinture presque chaque semaine, si bien qu’aucune visite ne ressemble à la précédente.

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La rue des Graffitis dans Instant Gand

Photo: Steven Lek, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le Werregarenstraatje est une ruelle étroite entre la Hoogpoort et l’Onderstraat, à quelques pas de l’hôtel de ville et du Vrijdagmarkt. Elle est courte, mais chaque centimètre carré de ses murs, de ses portes, de ses gouttières et parfois même du sol est couvert de graffitis. C’est la rue de graffitis légale la plus connue de Belgique, et une galerie à ciel ouvert qui ne reste jamais la même.

On y trouve de tout : des « pièces » colorées et techniquement brillantes d’artistes de graffiti expérimentés, des tags rapides, des pochoirs, des autocollants, des messages politiques, des petits personnages drôles et les premiers essais de débutants. Comme tout le monde peut bomber ici, tout est constamment repeint. Une œuvre que vous photographiez aujourd’hui peut avoir disparu demain. Sur certains murs, les couches de peinture font maintenant des centimètres d’épaisseur.

La ruelle est avant tout un endroit où regarder, prendre des photos et s’arrêter un moment près des artistes que l’on voit souvent à l’œuvre. C’est aussi un contraste intéressant avec les bâtiments médiévaux juste à côté : le vieux et le nouveau Gand à quelques mètres l’un de l’autre. Le visiter en 3D ›

Histoire

Le nom renvoie au « werregaren », une sorte de fil que l’on travaillait dans ce quartier au Moyen Âge : un rappel du temps où Gand vivait du textile. Pendant longtemps, ce fut une rue de derrière ordinaire et plutôt oubliée.

Dans les années 1990, la ville décida d’ouvrir la ruelle aux graffitis, comme un lieu où jeunes et artistes pouvaient s’y adonner légalement. L’idée était qu’il y aurait moins de graffitis illégaux sur les bâtiments historiques s’il y avait un endroit où c’était permis. La ruelle devint un mot de passe dans le monde du graffiti et attire maintenant aussi de nombreux touristes.

Gand compte maintenant plus d’endroits où le graffiti est légal, et la ville est connue pour son street art. Chaque année, de nouvelles fresques apparaissent en ville, parfois d’artistes de renommée internationale. Le Werregarenstraatje reste l’endroit où cette histoire a commencé.

Pour aller le voir

Le Werregarenstraatje est toujours ouvert et gratuit. On y accède depuis la Hoogpoort, près de l’hôtel de ville, ou depuis l’Onderstraat du côté du Vrijdagmarkt. Une visite rapide ne prend que quelques minutes, mais si l’on regarde de près, on y reste plus longtemps.

Envie de bomber vous-même ? C’est permis, tant que vous respectez les voisins : ne bombez pas sur les fenêtres, les portes de maison ou les vélos garés, et emportez vos bombes vides.

Plus à Gand

Cathédrale Saint-BavonBâtie du XIIIe au XVIe siècle, avec une tour de 89 m. À l’intérieur se trouve l’Adoration de l’Agneau mystique des frères Van Eyck (1432), l’un des tableaux les plus célèbres et les plus volés du monde. Son panneau des Juges intègres, volé en 1934, n’a jamais été retrouvé. BeffroiLa tour de 91 m de la ville, commencée en 1313. Gand y gardait ses chartes de privilèges, et des veilleurs y guettaient le feu et l’ennemi. Un dragon doré veille au sommet. Avec la halle aux draps à côté, il est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Château des ComtesLe château des comtes de Flandre, bâti en 1180 par Philippe d’Alsace. Il a ensuite servi de tribunal, de prison et même de filature de coton, et a retrouvé ses créneaux vers 1900. En 1949, des étudiants l’ont occupé pour protester contre la hausse du prix de la bière. Graslei et KorenleiLe port médiéval de Gand, sur les deux rives de la Lys. Les bateliers y déchargeaient le grain et les corporations y ont bâti leurs maisons le long du quai. Le Koornstapelhuis, l’entrepôt à grain roman gris d’environ 1200, est l’une des plus vieilles maisons de la ville. Pont Saint-MichelConstruit au début du XXe siècle, juste avant l’Exposition universelle de 1913. Regardez vers l’est pour voir les trois tours de Gand alignées : Saint-Nicolas, le beffroi et Saint-Bavon. Derrière vous se dresse l’église Saint-Michel, dont la tour n’a jamais été achevée. Église Saint-NicolasL’église des marchands, du XIIIe siècle, en pierre bleu-gris de Tournai : du gothique scaldien. Sa tour est posée au milieu du toit et servait de tour de guet, bien avant le beffroi. Elle accueille aujourd’hui aussi des concerts et des expositions. Hôtel de villeUn hôtel de ville en deux styles : gothique tardif fleuri sur la Hoogpoort, Renaissance sobre sur le Botermarkt. Le manque d’argent et les guerres de religion ont sans cesse interrompu les travaux. La Pacification de Gand, une paix entre les provinces des Pays-Bas, y fut signée en 1576. VrijdagmarktLa place des marchés, des fêtes et des révoltes, où les comtes de Flandre prêtaient serment. Au milieu, Jacques van Artevelde, le brasseur qui dirigea Gand en 1338, montre le chemin. En face se dresse Ons Huis, la grande maison du mouvement ouvrier socialiste. Grande BoucherieLa halle couverte des bouchers, bâtie de 1406 à 1419. Des jambons sèchent encore sous son impressionnante charpente de bois. On peut aujourd’hui y acheter et goûter les produits régionaux de Flandre-Orientale. KouterLa place la plus chic de Gand, autrefois un champ et un lieu de défilés et de fêtes d’archers. Il y a un marché aux fleurs chaque dimanche depuis le XVIIIe siècle, avec une fanfare dans le kiosque à musique. Le kiosque bleu sert un verre pour aller avec. VooruitLa salle des fêtes de la coopérative socialiste Vooruit, ouverte en 1914 : les ouvriers y venaient danser, pour le théâtre et les concerts, et pour manger au café. Des artistes la sauvèrent de la ruine dans les années 1980. Aujourd’hui, c’est le centre d’art VIERNULVIER. L’abbaye Saint-PierreL’abbaye sur la colline du Blandijnberg fut fondée au VIIe siècle, par saint Amand selon la tradition, et devint l’une des plus riches de Flandre. L’église baroque à coupole (1629-1720) est de Pieter Huyssens. Les Français dissolurent l’abbaye en 1796 ; aujourd’hui, c’est une salle d’exposition, avec derrière ses murs un jardin d’abbaye de vignes et de ruines. Gent ZuidJusqu’en 1928, la gare du Sud, la première gare de Gand, se dressait ici. Aujourd’hui, c’est la plaque tournante de De Lijn : la plupart des bus de la ville y commencent et y finissent, et les tramways y passent en route vers le centre et Sint-Pieters. BlaarmeersenLe parc de sports et de loisirs de Gand, près du Watersportbaan. Les jours de chaleur, la plage du lac de baignade est bondée, et les joggeurs font leurs tours autour du bassin d’aviron de 2,3 km. Il y a aussi un camping, une piste d’athlétisme et du beach-volley. Le MammelokkerRegardez au-dessus de la porte de cette petite maison contre la Halle aux draps : une jeune femme donne le sein à un vieil homme. C’est la légende romaine de Pero, qui allaita son père Cimon quand il fut laissé mourir de faim en prison. Quand cela se sut, il fut libéré. Les gardiens de la prison de la ville, qui se trouvait dans les caves de la Halle aux draps de 1742 à 1902, habitaient ici. Mammelokker est le dialecte gantois pour « suceur de sein ». Le relief date de 1741, resculpté par Jan Anteunis en 1962. Le Karel SabbebergLa seule montagne de Gand, haute d’une trentaine de mètres, faite de main d’homme. Jusqu’en 2003, Gand y skiait sur des tapis de brosses. En 2019, elle fut nommée d’après l’ultrarunner Karel Sabbe, qui la monta et la descendit des milliers de fois à l’entraînement. Depuis 2009, une tour d’observation au sommet domine la ville. Les cuberdonsDes bonbons violets en forme de cône au cœur de framboise coulant, vendus depuis de petits chariots sur le Groentenmarkt. Les tramwaysLes tramways blancs et jaunes de De Lijn, qui font sonner leur cloche dans les rues étroites de la vieille ville. Les Fêtes de GandDix jours chaque juillet où toute la vieille ville devient l’un des plus grands festivals de rue d’Europe. La ville cyclableDepuis 2017, les voitures ne peuvent plus traverser le centre tout droit, et les vélos ont pris possession des rues.