Hôtel de ville
Stadhuis
Un hôtel de ville en deux styles : gothique tardif fleuri sur la Hoogpoort, Renaissance sobre sur le Botermarkt. Le manque d’argent et les guerres de religion ont sans cesse interrompu les travaux. La Pacification de Gand, une paix entre les provinces des Pays-Bas, y fut signée en 1576.
L’hôtel de ville de Gand est en réalité deux bâtiments en un, comme on le voit tout de suite en en faisant le tour. Sur la Hoogpoort se dresse une exubérante façade gothique tardif, pleine de dentelle de pierre, de pinacles, de niches et de petits balcons : on dirait un écrin de pierre. Tournez le coin sur le Botermarkt et vous faites face à une sobre et majestueuse façade Renaissance à colonnes sur trois étages, inspirée de l’Antiquité classique. Les deux styles ne s’opposent pas ; ensemble, ils racontent l’histoire d’une ville qui passa un siècle à bâtir son hôtel de ville.
À l’intérieur se trouvent des salles de différents siècles. La salle de la Pacification, où fut signée la Pacification de Gand en 1576, a un sol à motif de labyrinthe. Le conseil se réunit et des réceptions ont lieu dans la salle du Trône et la salle de l’Arsenal, et dans l’ancienne salle de la Collation et la chapelle gothique, on voit comment les dirigeants de la ville se présentaient jadis. L’hôtel de ville est aussi l’endroit où les Gantois se marient : chaque semaine, des couples en sortent sous les yeux des touristes.
L’hôtel de ville est toujours le cœur du gouvernement de Gand. Le bourgmestre et les échevins y travaillent, et du balcon sur le Botermarkt, on acclame champions et fêtards. Le visiter en 3D ›
Histoire
Au Moyen Âge se trouvaient ici les maisons des échevins, les bâtiments des deux bancs d’échevins qui dirigeaient la ville. Au début du XVIe siècle, Gand était si riche et si fière qu’elle voulait un hôtel de ville qui éclipse tous les autres des Pays-Bas. En 1518, les maîtres d’œuvre Rombout Keldermans et Domien de Waghemakere, qui travaillèrent aussi à Anvers et à Malines, commencèrent l’aile gothique tardif sur la Hoogpoort.
La construction s’enlisa vite. En 1539, Gand se souleva contre Charles Quint, perdit ses privilèges et une grande partie de son argent, et les travaux s’arrêtèrent. Ils ne reprirent qu’à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle, dans le nouveau style Renaissance, avec la façade sur le Botermarkt. Les guerres de religion et le manque d’argent firent que l’aile gothique ne fut jamais achevée selon le plan d’origine ; une partie ne fut terminée qu’au XIXe siècle.
Le 8 novembre 1576, la Pacification de Gand fut signée à l’hôtel de ville. En un temps de guerre entre le roi d’Espagne et les Pays-Bas rebelles, les provinces convinrent de chasser ensemble les troupes espagnoles et de se tolérer malgré leurs confessions différentes. Ce fut une paix de courte durée, mais un moment important de l’histoire des Pays-Bas.
Pour aller le voir
L’hôtel de ville se trouve à l’angle de la Hoogpoort et du Botermarkt, entre le beffroi et le Vrijdagmarkt. On ne peut pas simplement y entrer : c’est un hôtel de ville en activité. On voit l’intérieur lors d’une visite guidée, à des heures fixes et souvent réservée par Visit Gent. L’extérieur, on peut bien sûr le regarder à tout moment, et cela vaut largement la peine.
Faites tout le tour du bâtiment pour voir les deux façades, et le samedi, regardez s’il y a un mariage.
Plus à Gand
Cathédrale Saint-BavonBâtie du XIIIe au XVIe siècle, avec une tour de 89 m. À l’intérieur se trouve l’Adoration de l’Agneau mystique des frères Van Eyck (1432), l’un des tableaux les plus célèbres et les plus volés du monde. Son panneau des Juges intègres, volé en 1934, n’a jamais été retrouvé.
BeffroiLa tour de 91 m de la ville, commencée en 1313. Gand y gardait ses chartes de privilèges, et des veilleurs y guettaient le feu et l’ennemi. Un dragon doré veille au sommet. Avec la halle aux draps à côté, il est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Château des ComtesLe château des comtes de Flandre, bâti en 1180 par Philippe d’Alsace. Il a ensuite servi de tribunal, de prison et même de filature de coton, et a retrouvé ses créneaux vers 1900. En 1949, des étudiants l’ont occupé pour protester contre la hausse du prix de la bière.
Graslei et KorenleiLe port médiéval de Gand, sur les deux rives de la Lys. Les bateliers y déchargeaient le grain et les corporations y ont bâti leurs maisons le long du quai. Le Koornstapelhuis, l’entrepôt à grain roman gris d’environ 1200, est l’une des plus vieilles maisons de la ville.
Pont Saint-MichelConstruit au début du XXe siècle, juste avant l’Exposition universelle de 1913. Regardez vers l’est pour voir les trois tours de Gand alignées : Saint-Nicolas, le beffroi et Saint-Bavon. Derrière vous se dresse l’église Saint-Michel, dont la tour n’a jamais été achevée.
Église Saint-NicolasL’église des marchands, du XIIIe siècle, en pierre bleu-gris de Tournai : du gothique scaldien. Sa tour est posée au milieu du toit et servait de tour de guet, bien avant le beffroi. Elle accueille aujourd’hui aussi des concerts et des expositions.
VrijdagmarktLa place des marchés, des fêtes et des révoltes, où les comtes de Flandre prêtaient serment. Au milieu, Jacques van Artevelde, le brasseur qui dirigea Gand en 1338, montre le chemin. En face se dresse Ons Huis, la grande maison du mouvement ouvrier socialiste.
Grande BoucherieLa halle couverte des bouchers, bâtie de 1406 à 1419. Des jambons sèchent encore sous son impressionnante charpente de bois. On peut aujourd’hui y acheter et goûter les produits régionaux de Flandre-Orientale.
La rue des GraffitisLe Werregarenstraatje : depuis les années 1990, tout le monde peut y bomber, légalement. Les murs reçoivent une nouvelle couche de peinture presque chaque semaine, si bien qu’aucune visite ne ressemble à la précédente.
KouterLa place la plus chic de Gand, autrefois un champ et un lieu de défilés et de fêtes d’archers. Il y a un marché aux fleurs chaque dimanche depuis le XVIIIe siècle, avec une fanfare dans le kiosque à musique. Le kiosque bleu sert un verre pour aller avec.
VooruitLa salle des fêtes de la coopérative socialiste Vooruit, ouverte en 1914 : les ouvriers y venaient danser, pour le théâtre et les concerts, et pour manger au café. Des artistes la sauvèrent de la ruine dans les années 1980. Aujourd’hui, c’est le centre d’art VIERNULVIER.
L’abbaye Saint-PierreL’abbaye sur la colline du Blandijnberg fut fondée au VIIe siècle, par saint Amand selon la tradition, et devint l’une des plus riches de Flandre. L’église baroque à coupole (1629-1720) est de Pieter Huyssens. Les Français dissolurent l’abbaye en 1796 ; aujourd’hui, c’est une salle d’exposition, avec derrière ses murs un jardin d’abbaye de vignes et de ruines.
Gent ZuidJusqu’en 1928, la gare du Sud, la première gare de Gand, se dressait ici. Aujourd’hui, c’est la plaque tournante de De Lijn : la plupart des bus de la ville y commencent et y finissent, et les tramways y passent en route vers le centre et Sint-Pieters.
BlaarmeersenLe parc de sports et de loisirs de Gand, près du Watersportbaan. Les jours de chaleur, la plage du lac de baignade est bondée, et les joggeurs font leurs tours autour du bassin d’aviron de 2,3 km. Il y a aussi un camping, une piste d’athlétisme et du beach-volley.
Le MammelokkerRegardez au-dessus de la porte de cette petite maison contre la Halle aux draps : une jeune femme donne le sein à un vieil homme. C’est la légende romaine de Pero, qui allaita son père Cimon quand il fut laissé mourir de faim en prison. Quand cela se sut, il fut libéré. Les gardiens de la prison de la ville, qui se trouvait dans les caves de la Halle aux draps de 1742 à 1902, habitaient ici. Mammelokker est le dialecte gantois pour « suceur de sein ». Le relief date de 1741, resculpté par Jan Anteunis en 1962.
Le Karel SabbebergLa seule montagne de Gand, haute d’une trentaine de mètres, faite de main d’homme. Jusqu’en 2003, Gand y skiait sur des tapis de brosses. En 2019, elle fut nommée d’après l’ultrarunner Karel Sabbe, qui la monta et la descendit des milliers de fois à l’entraînement. Depuis 2009, une tour d’observation au sommet domine la ville.
Les cuberdonsDes bonbons violets en forme de cône au cœur de framboise coulant, vendus depuis de petits chariots sur le Groentenmarkt.
Les tramwaysLes tramways blancs et jaunes de De Lijn, qui font sonner leur cloche dans les rues étroites de la vieille ville.
Les Fêtes de GandDix jours chaque juillet où toute la vieille ville devient l’un des plus grands festivals de rue d’Europe.
La ville cyclableDepuis 2017, les voitures ne peuvent plus traverser le centre tout droit, et les vélos ont pris possession des rues.