Cathédrale Saint-Bavon
Sint-Baafskathedraal
Bâtie du XIIIe au XVIe siècle, avec une tour de 89 m. À l’intérieur se trouve l’Adoration de l’Agneau mystique des frères Van Eyck (1432), l’un des tableaux les plus célèbres et les plus volés du monde. Son panneau des Juges intègres, volé en 1934, n’a jamais été retrouvé.
Photo: Michielverbeek, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
La cathédrale Saint-Bavon est la cathédrale du diocèse de Gand et l’une des grandes églises gothiques des Pays-Bas. De l’extérieur, on voit surtout sa lourde tour ouest de 89 m, qui domine les toits de la vieille ville et forme, avec le beffroi et l’église Saint-Nicolas, la célèbre rangée des trois tours de Gand. À l’intérieur, on voit comment l’église a grandi sur trois siècles : un haut chœur gothique, une nef gothique tardif plus légère et, en dessous, une crypte d’époque romane.
Son trésor est le Retable de Gand, l’Adoration de l’Agneau mystique, que Hubert et Jan van Eyck achevèrent en 1432. Sur ses douze panneaux, on voit Adam et Ève, des anges chanteurs, Dieu en majesté et, au milieu, l’Agneau sur l’autel, adoré par des saints, des prophètes, des chevaliers et des pèlerins de tous les coins du monde. Les peintres employèrent la peinture à l’huile avec une précision jamais vue : on distingue des cheveux isolés, des bijoux qui captent la lumière et plus de quarante sortes de plantes que l’on reconnaît encore aujourd’hui.
Mais la cathédrale est bien plus que ce seul tableau. Il y a Saint Bavon entrant au monastère de Rubens (1624), une somptueuse chaire rococo de Laurent Delvaux en chêne et en marbre blanc et noir, des tombeaux baroques d’évêques et l’une des plus grandes cryptes de Belgique, avec des peintures murales et des trésors d’église. Il y a tant à voir que l’on y passe facilement quelques heures. Le visiter en 3D ›
Histoire
Une petite église dédiée à saint Jean-Baptiste se dressait ici dès le Xe siècle. Au XIIe siècle, elle fut remplacée par une église romane, dont la crypte subsiste. À partir du XIIIe siècle, une nouvelle église gothique fut bâtie petit à petit : d’abord le chœur, puis aux XVe et XVIe siècles la tour et la nef. C’est pourquoi un seul bâtiment montre trois siècles d’architecture.
En 1432, le retable fut installé dans la chapelle de Joos Vijd et de son épouse Elisabeth Borluut, qui l’avaient commandé. En 1500, l’empereur Charles Quint, né à Gand, y fut baptisé. Après la révolte gantoise de 1539, il fit démolir l’ancienne abbaye Saint-Bavon pour bâtir une forteresse destinée à tenir la ville en respect ; les moines déménagèrent à Saint-Jean, qui devint ainsi Saint-Bavon. Quand le diocèse de Gand fut fondé en 1559, l’église devint cathédrale.
Le retable a eu une vie aventureuse. Pendant la furie iconoclaste de 1566, il fut caché dans la tour. Les révolutionnaires français emportèrent les panneaux centraux au Louvre ; ils revinrent après la chute de Napoléon. Les volets latéraux furent vendus en 1816 et finirent à Berlin, jusqu’à ce qu’après la Première Guerre mondiale ils doivent être rendus à Gand. En 1934, deux panneaux furent volés. Celui de saint Jean-Baptiste revint, mais celui des Juges intègres n’a jamais été retrouvé : ce que l’on voit aujourd’hui est une copie de Jef Van der Veken. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les nazis saisirent le retable ; les « Monuments Men » américains le retrouvèrent en 1945 dans une mine de sel en Autriche.
Depuis 2012, le retable est restauré panneau par panneau par l’Institut royal du Patrimoine artistique. Sous des surpeints ultérieurs, la peinture d’origine des Van Eyck est réapparue, la surprise la plus connue étant le visage étonnamment humain de l’Agneau. En 2021, un nouveau centre d’accueil des visiteurs a ouvert dans la cathédrale, où l’on peut aussi vivre l’histoire du tableau en réalité augmentée.
Pour aller le voir
La cathédrale se dresse sur la Sint-Baafsplein, à quelques minutes à pied du beffroi et de la Korenmarkt. On peut généralement entrer librement dans l’église, hors des offices. Pour le Retable de Gand, on achète un billet : il comprend un parcours avec une tablette ou des lunettes de réalité augmentée à travers l’histoire du tableau, après quoi on se retrouve face à l’original. Comptez une heure à une heure et demie, et en haute saison mieux vaut réserver.
C’est un lieu de culte : parlez à voix basse, couvrez-vous les épaules si on vous le demande et ne vous promenez pas pendant la messe. Les photos sans flash sont autorisées presque partout, mais pas partout.
Art célèbre ici
Plus à Gand
BeffroiLa tour de 91 m de la ville, commencée en 1313. Gand y gardait ses chartes de privilèges, et des veilleurs y guettaient le feu et l’ennemi. Un dragon doré veille au sommet. Avec la halle aux draps à côté, il est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Château des ComtesLe château des comtes de Flandre, bâti en 1180 par Philippe d’Alsace. Il a ensuite servi de tribunal, de prison et même de filature de coton, et a retrouvé ses créneaux vers 1900. En 1949, des étudiants l’ont occupé pour protester contre la hausse du prix de la bière.
Graslei et KorenleiLe port médiéval de Gand, sur les deux rives de la Lys. Les bateliers y déchargeaient le grain et les corporations y ont bâti leurs maisons le long du quai. Le Koornstapelhuis, l’entrepôt à grain roman gris d’environ 1200, est l’une des plus vieilles maisons de la ville.
Pont Saint-MichelConstruit au début du XXe siècle, juste avant l’Exposition universelle de 1913. Regardez vers l’est pour voir les trois tours de Gand alignées : Saint-Nicolas, le beffroi et Saint-Bavon. Derrière vous se dresse l’église Saint-Michel, dont la tour n’a jamais été achevée.
Église Saint-NicolasL’église des marchands, du XIIIe siècle, en pierre bleu-gris de Tournai : du gothique scaldien. Sa tour est posée au milieu du toit et servait de tour de guet, bien avant le beffroi. Elle accueille aujourd’hui aussi des concerts et des expositions.
Hôtel de villeUn hôtel de ville en deux styles : gothique tardif fleuri sur la Hoogpoort, Renaissance sobre sur le Botermarkt. Le manque d’argent et les guerres de religion ont sans cesse interrompu les travaux. La Pacification de Gand, une paix entre les provinces des Pays-Bas, y fut signée en 1576.
VrijdagmarktLa place des marchés, des fêtes et des révoltes, où les comtes de Flandre prêtaient serment. Au milieu, Jacques van Artevelde, le brasseur qui dirigea Gand en 1338, montre le chemin. En face se dresse Ons Huis, la grande maison du mouvement ouvrier socialiste.
Grande BoucherieLa halle couverte des bouchers, bâtie de 1406 à 1419. Des jambons sèchent encore sous son impressionnante charpente de bois. On peut aujourd’hui y acheter et goûter les produits régionaux de Flandre-Orientale.
La rue des GraffitisLe Werregarenstraatje : depuis les années 1990, tout le monde peut y bomber, légalement. Les murs reçoivent une nouvelle couche de peinture presque chaque semaine, si bien qu’aucune visite ne ressemble à la précédente.
KouterLa place la plus chic de Gand, autrefois un champ et un lieu de défilés et de fêtes d’archers. Il y a un marché aux fleurs chaque dimanche depuis le XVIIIe siècle, avec une fanfare dans le kiosque à musique. Le kiosque bleu sert un verre pour aller avec.
VooruitLa salle des fêtes de la coopérative socialiste Vooruit, ouverte en 1914 : les ouvriers y venaient danser, pour le théâtre et les concerts, et pour manger au café. Des artistes la sauvèrent de la ruine dans les années 1980. Aujourd’hui, c’est le centre d’art VIERNULVIER.
L’abbaye Saint-PierreL’abbaye sur la colline du Blandijnberg fut fondée au VIIe siècle, par saint Amand selon la tradition, et devint l’une des plus riches de Flandre. L’église baroque à coupole (1629-1720) est de Pieter Huyssens. Les Français dissolurent l’abbaye en 1796 ; aujourd’hui, c’est une salle d’exposition, avec derrière ses murs un jardin d’abbaye de vignes et de ruines.
Gent ZuidJusqu’en 1928, la gare du Sud, la première gare de Gand, se dressait ici. Aujourd’hui, c’est la plaque tournante de De Lijn : la plupart des bus de la ville y commencent et y finissent, et les tramways y passent en route vers le centre et Sint-Pieters.
BlaarmeersenLe parc de sports et de loisirs de Gand, près du Watersportbaan. Les jours de chaleur, la plage du lac de baignade est bondée, et les joggeurs font leurs tours autour du bassin d’aviron de 2,3 km. Il y a aussi un camping, une piste d’athlétisme et du beach-volley.
Le MammelokkerRegardez au-dessus de la porte de cette petite maison contre la Halle aux draps : une jeune femme donne le sein à un vieil homme. C’est la légende romaine de Pero, qui allaita son père Cimon quand il fut laissé mourir de faim en prison. Quand cela se sut, il fut libéré. Les gardiens de la prison de la ville, qui se trouvait dans les caves de la Halle aux draps de 1742 à 1902, habitaient ici. Mammelokker est le dialecte gantois pour « suceur de sein ». Le relief date de 1741, resculpté par Jan Anteunis en 1962.
Le Karel SabbebergLa seule montagne de Gand, haute d’une trentaine de mètres, faite de main d’homme. Jusqu’en 2003, Gand y skiait sur des tapis de brosses. En 2019, elle fut nommée d’après l’ultrarunner Karel Sabbe, qui la monta et la descendit des milliers de fois à l’entraînement. Depuis 2009, une tour d’observation au sommet domine la ville.
Les cuberdonsDes bonbons violets en forme de cône au cœur de framboise coulant, vendus depuis de petits chariots sur le Groentenmarkt.
Les tramwaysLes tramways blancs et jaunes de De Lijn, qui font sonner leur cloche dans les rues étroites de la vieille ville.
Les Fêtes de GandDix jours chaque juillet où toute la vieille ville devient l’un des plus grands festivals de rue d’Europe.
La ville cyclableDepuis 2017, les voitures ne peuvent plus traverser le centre tout droit, et les vélos ont pris possession des rues.
