Kouter
La place la plus chic de Gand, autrefois un champ et un lieu de défilés et de fêtes d’archers. Il y a un marché aux fleurs chaque dimanche depuis le XVIIIe siècle, avec une fanfare dans le kiosque à musique. Le kiosque bleu sert un verre pour aller avec.
Photo: Donarreiskoffer, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons
Le Kouter est la grande et élégante place de Gand, au sud du vieux centre, à quelques minutes de la Veldstraat. Elle est large et lumineuse, cernée d’imposants hôtels particuliers des XVIIIe et XIXe siècles, de banques et de la salle de concert Handelsbeurs. Au milieu se dresse un gracieux kiosque à musique, et au bord le célèbre kiosque bleu, où l’on peut prendre un verre et manger un morceau.
Chaque dimanche matin, le Kouter devient une mer de fleurs et de plantes : le marché aux fleurs est une tradition gantoise vieille de plusieurs siècles. Les habitants viennent acheter leur bouquet ou leur plante d’intérieur, boire un verre de cava ou de vin blanc avec des huîtres au kiosque et écouter la fanfare dans le kiosque à musique. C’est l’un des moments les plus conviviaux de la semaine gantoise.
En semaine, le Kouter est plus calme, un endroit que l’on traverse en allant à l’Opéra de Gand juste derrière la place, ou pour profiter un moment du soleil sur un banc. Le visiter en 3D ›
Histoire
Un « kouter » est un vieux mot flamand pour une terre agricole ouverte et commune. Au haut Moyen Âge, cette place était bien des champs juste hors de la ville. Quand Gand grandit et que le quartier se retrouva à l’intérieur des remparts, le grand espace ouvert resta.
À la fin du Moyen Âge, le Kouter devint la place des défilés, des revues, des tournois et des fêtes des corporations d’archers, qui s’y exerçaient à l’arbalète et à l’arc long. On y tenait aussi des cérémonies publiques. Au XVIIIe siècle, elle devint la place de la noblesse et des riches bourgeois de Gand, qui firent construire leurs hôtels particuliers autour.
Le marché aux fleurs commença au XVIIIe siècle et y est depuis. Gand est une vraie ville de fleurs : les environs sont connus pour l’horticulture ornementale, avec des bégonias, des azalées et plus encore, et les Floralies gantoises sont l’une des plus grandes expositions de fleurs du monde depuis le XIXe siècle. Au XIXe siècle vinrent le kiosque à musique et, juste derrière la place, l’Opéra ; avec la salle de concert Handelsbeurs, ils font du Kouter un centre culturel.
Pour aller le voir
Le Kouter est une place publique, toujours ouverte à tous. Le marché aux fleurs a lieu le dimanche matin, grosso modo de 7 h à 13 h, et il est le plus animé entre 10 h et 12 h. On y va facilement à pied de la Korenmarkt par la Veldstraat, ou en tramway, qui s’arrête tout près.
Combinez la visite avec une promenade dans la Veldstraat, la principale rue commerçante de Gand, ou avec un spectacle à l’Opéra ou au Handelsbeurs.
Plus à Gand
Cathédrale Saint-BavonBâtie du XIIIe au XVIe siècle, avec une tour de 89 m. À l’intérieur se trouve l’Adoration de l’Agneau mystique des frères Van Eyck (1432), l’un des tableaux les plus célèbres et les plus volés du monde. Son panneau des Juges intègres, volé en 1934, n’a jamais été retrouvé.
BeffroiLa tour de 91 m de la ville, commencée en 1313. Gand y gardait ses chartes de privilèges, et des veilleurs y guettaient le feu et l’ennemi. Un dragon doré veille au sommet. Avec la halle aux draps à côté, il est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Château des ComtesLe château des comtes de Flandre, bâti en 1180 par Philippe d’Alsace. Il a ensuite servi de tribunal, de prison et même de filature de coton, et a retrouvé ses créneaux vers 1900. En 1949, des étudiants l’ont occupé pour protester contre la hausse du prix de la bière.
Graslei et KorenleiLe port médiéval de Gand, sur les deux rives de la Lys. Les bateliers y déchargeaient le grain et les corporations y ont bâti leurs maisons le long du quai. Le Koornstapelhuis, l’entrepôt à grain roman gris d’environ 1200, est l’une des plus vieilles maisons de la ville.
Pont Saint-MichelConstruit au début du XXe siècle, juste avant l’Exposition universelle de 1913. Regardez vers l’est pour voir les trois tours de Gand alignées : Saint-Nicolas, le beffroi et Saint-Bavon. Derrière vous se dresse l’église Saint-Michel, dont la tour n’a jamais été achevée.
Église Saint-NicolasL’église des marchands, du XIIIe siècle, en pierre bleu-gris de Tournai : du gothique scaldien. Sa tour est posée au milieu du toit et servait de tour de guet, bien avant le beffroi. Elle accueille aujourd’hui aussi des concerts et des expositions.
Hôtel de villeUn hôtel de ville en deux styles : gothique tardif fleuri sur la Hoogpoort, Renaissance sobre sur le Botermarkt. Le manque d’argent et les guerres de religion ont sans cesse interrompu les travaux. La Pacification de Gand, une paix entre les provinces des Pays-Bas, y fut signée en 1576.
VrijdagmarktLa place des marchés, des fêtes et des révoltes, où les comtes de Flandre prêtaient serment. Au milieu, Jacques van Artevelde, le brasseur qui dirigea Gand en 1338, montre le chemin. En face se dresse Ons Huis, la grande maison du mouvement ouvrier socialiste.
Grande BoucherieLa halle couverte des bouchers, bâtie de 1406 à 1419. Des jambons sèchent encore sous son impressionnante charpente de bois. On peut aujourd’hui y acheter et goûter les produits régionaux de Flandre-Orientale.
La rue des GraffitisLe Werregarenstraatje : depuis les années 1990, tout le monde peut y bomber, légalement. Les murs reçoivent une nouvelle couche de peinture presque chaque semaine, si bien qu’aucune visite ne ressemble à la précédente.
VooruitLa salle des fêtes de la coopérative socialiste Vooruit, ouverte en 1914 : les ouvriers y venaient danser, pour le théâtre et les concerts, et pour manger au café. Des artistes la sauvèrent de la ruine dans les années 1980. Aujourd’hui, c’est le centre d’art VIERNULVIER.
L’abbaye Saint-PierreL’abbaye sur la colline du Blandijnberg fut fondée au VIIe siècle, par saint Amand selon la tradition, et devint l’une des plus riches de Flandre. L’église baroque à coupole (1629-1720) est de Pieter Huyssens. Les Français dissolurent l’abbaye en 1796 ; aujourd’hui, c’est une salle d’exposition, avec derrière ses murs un jardin d’abbaye de vignes et de ruines.
Gent ZuidJusqu’en 1928, la gare du Sud, la première gare de Gand, se dressait ici. Aujourd’hui, c’est la plaque tournante de De Lijn : la plupart des bus de la ville y commencent et y finissent, et les tramways y passent en route vers le centre et Sint-Pieters.
BlaarmeersenLe parc de sports et de loisirs de Gand, près du Watersportbaan. Les jours de chaleur, la plage du lac de baignade est bondée, et les joggeurs font leurs tours autour du bassin d’aviron de 2,3 km. Il y a aussi un camping, une piste d’athlétisme et du beach-volley.
Le MammelokkerRegardez au-dessus de la porte de cette petite maison contre la Halle aux draps : une jeune femme donne le sein à un vieil homme. C’est la légende romaine de Pero, qui allaita son père Cimon quand il fut laissé mourir de faim en prison. Quand cela se sut, il fut libéré. Les gardiens de la prison de la ville, qui se trouvait dans les caves de la Halle aux draps de 1742 à 1902, habitaient ici. Mammelokker est le dialecte gantois pour « suceur de sein ». Le relief date de 1741, resculpté par Jan Anteunis en 1962.
Le Karel SabbebergLa seule montagne de Gand, haute d’une trentaine de mètres, faite de main d’homme. Jusqu’en 2003, Gand y skiait sur des tapis de brosses. En 2019, elle fut nommée d’après l’ultrarunner Karel Sabbe, qui la monta et la descendit des milliers de fois à l’entraînement. Depuis 2009, une tour d’observation au sommet domine la ville.
Les cuberdonsDes bonbons violets en forme de cône au cœur de framboise coulant, vendus depuis de petits chariots sur le Groentenmarkt.
Les tramwaysLes tramways blancs et jaunes de De Lijn, qui font sonner leur cloche dans les rues étroites de la vieille ville.
Les Fêtes de GandDix jours chaque juillet où toute la vieille ville devient l’un des plus grands festivals de rue d’Europe.
La ville cyclableDepuis 2017, les voitures ne peuvent plus traverser le centre tout droit, et les vélos ont pris possession des rues.