Vrijdagmarkt
La place des marchés, des fêtes et des révoltes, où les comtes de Flandre prêtaient serment. Au milieu, Jacques van Artevelde, le brasseur qui dirigea Gand en 1338, montre le chemin. En face se dresse Ons Huis, la grande maison du mouvement ouvrier socialiste.
Photo: Sergey Ashmarin, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Le Vrijdagmarkt est l’une des plus grandes et des plus anciennes places de Gand, et pendant des siècles le cœur politique de la ville. C’est une large place ouverte, cernée de maisons à pignons à gradins, de façades baroques et de grands bâtiments du XIXe siècle, avec des terrasses de café tout autour. Au milieu se dresse la statue de bronze de Jacob van Artevelde, qui pointe vers l’ouest le bras tendu : vers l’Angleterre, le pays avec lequel il conclut un accord crucial.
Il y a beaucoup à découvrir autour de la place. Le grand Ons Huis (Notre Maison), avec sa riche façade colorée pleine d’inscriptions, fut le siège du mouvement ouvrier socialiste. Au coin se dresse le Toreken, la maison de la corporation des tanneurs à la tour élancée, aujourd’hui un centre de poésie. Et au café Dulle Griet, on boit la bière dans un « Max », un verre de plus d’un litre, pour lequel il faut laisser une chaussure en gage ; elle est alors hissée dans un panier jusqu’au plafond.
Juste à côté de la place, sur la Grootkanonplein, se trouve la Dulle Griet (Margot la Folle), un énorme canon de fer forgé rouge du XVe siècle, l’un des plus grands canons médiévaux conservés. Il ne servit jamais vraiment au combat, mais c’est un symbole très aimé de la ville. Le visiter en 3D ›
Histoire
Le nom dit tout : un marché s’y tient chaque vendredi (vrijdag) depuis le Moyen Âge. Mais le Vrijdagmarkt était bien plus qu’une place de marché. C’est ici que les comtes de Flandre prêtaient serment lors de leur joyeuse entrée et promettaient de respecter les droits de la ville. Ici se réunissaient les corporations, se tenaient tournois et fêtes, et aussi des exécutions.
Au XIVe siècle, Gand fut prise dans la guerre de Cent Ans entre la France et l’Angleterre. Gand vivait de la draperie et avait besoin de laine anglaise. En 1338, le riche marchand Jacob van Artevelde prit la tête de la ville et maintint la Flandre neutre, si bien que la laine continua d’arriver. Son pouvoir ne dura pas : en 1345, il fut assassiné lors d’un soulèvement populaire. Cette même année, la place vit le « Lundi mauvais », un sanglant combat de rue entre les tisserands et les foulons qui fit des centaines de morts.
Au XIXe siècle, quand Gand devint une ville industrielle, le Vrijdagmarkt devint la place du mouvement ouvrier. Vers 1900, la coopérative Vooruit y bâtit l’Ons Huis, avec des magasins, un café et des salles de réunion pour les ouvriers. La statue de Van Artevelde, par Pieter De Vigne, arriva en 1863. Aujourd’hui, la place est surtout un lieu convivial de terrasses, avec un parking souterrain en dessous.
Pour aller le voir
Le Vrijdagmarkt est une place publique, toujours ouverte à tous, à cinq minutes à pied du Gravensteen et de l’hôtel de ville. Il y a toujours un marché le vendredi matin, et souvent aussi le samedi. Autour de la place, on peut manger et boire sur de nombreuses terrasses.
Combinez votre visite avec une promenade jusqu’à la Grande Boucherie et au Patershol, ou de l’autre côté du pont jusqu’au canon Dulle Griet et au Kraanlei.
Plus à Gand
Cathédrale Saint-BavonBâtie du XIIIe au XVIe siècle, avec une tour de 89 m. À l’intérieur se trouve l’Adoration de l’Agneau mystique des frères Van Eyck (1432), l’un des tableaux les plus célèbres et les plus volés du monde. Son panneau des Juges intègres, volé en 1934, n’a jamais été retrouvé.
BeffroiLa tour de 91 m de la ville, commencée en 1313. Gand y gardait ses chartes de privilèges, et des veilleurs y guettaient le feu et l’ennemi. Un dragon doré veille au sommet. Avec la halle aux draps à côté, il est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Château des ComtesLe château des comtes de Flandre, bâti en 1180 par Philippe d’Alsace. Il a ensuite servi de tribunal, de prison et même de filature de coton, et a retrouvé ses créneaux vers 1900. En 1949, des étudiants l’ont occupé pour protester contre la hausse du prix de la bière.
Graslei et KorenleiLe port médiéval de Gand, sur les deux rives de la Lys. Les bateliers y déchargeaient le grain et les corporations y ont bâti leurs maisons le long du quai. Le Koornstapelhuis, l’entrepôt à grain roman gris d’environ 1200, est l’une des plus vieilles maisons de la ville.
Pont Saint-MichelConstruit au début du XXe siècle, juste avant l’Exposition universelle de 1913. Regardez vers l’est pour voir les trois tours de Gand alignées : Saint-Nicolas, le beffroi et Saint-Bavon. Derrière vous se dresse l’église Saint-Michel, dont la tour n’a jamais été achevée.
Église Saint-NicolasL’église des marchands, du XIIIe siècle, en pierre bleu-gris de Tournai : du gothique scaldien. Sa tour est posée au milieu du toit et servait de tour de guet, bien avant le beffroi. Elle accueille aujourd’hui aussi des concerts et des expositions.
Hôtel de villeUn hôtel de ville en deux styles : gothique tardif fleuri sur la Hoogpoort, Renaissance sobre sur le Botermarkt. Le manque d’argent et les guerres de religion ont sans cesse interrompu les travaux. La Pacification de Gand, une paix entre les provinces des Pays-Bas, y fut signée en 1576.
Grande BoucherieLa halle couverte des bouchers, bâtie de 1406 à 1419. Des jambons sèchent encore sous son impressionnante charpente de bois. On peut aujourd’hui y acheter et goûter les produits régionaux de Flandre-Orientale.
La rue des GraffitisLe Werregarenstraatje : depuis les années 1990, tout le monde peut y bomber, légalement. Les murs reçoivent une nouvelle couche de peinture presque chaque semaine, si bien qu’aucune visite ne ressemble à la précédente.
KouterLa place la plus chic de Gand, autrefois un champ et un lieu de défilés et de fêtes d’archers. Il y a un marché aux fleurs chaque dimanche depuis le XVIIIe siècle, avec une fanfare dans le kiosque à musique. Le kiosque bleu sert un verre pour aller avec.
VooruitLa salle des fêtes de la coopérative socialiste Vooruit, ouverte en 1914 : les ouvriers y venaient danser, pour le théâtre et les concerts, et pour manger au café. Des artistes la sauvèrent de la ruine dans les années 1980. Aujourd’hui, c’est le centre d’art VIERNULVIER.
L’abbaye Saint-PierreL’abbaye sur la colline du Blandijnberg fut fondée au VIIe siècle, par saint Amand selon la tradition, et devint l’une des plus riches de Flandre. L’église baroque à coupole (1629-1720) est de Pieter Huyssens. Les Français dissolurent l’abbaye en 1796 ; aujourd’hui, c’est une salle d’exposition, avec derrière ses murs un jardin d’abbaye de vignes et de ruines.
Gent ZuidJusqu’en 1928, la gare du Sud, la première gare de Gand, se dressait ici. Aujourd’hui, c’est la plaque tournante de De Lijn : la plupart des bus de la ville y commencent et y finissent, et les tramways y passent en route vers le centre et Sint-Pieters.
BlaarmeersenLe parc de sports et de loisirs de Gand, près du Watersportbaan. Les jours de chaleur, la plage du lac de baignade est bondée, et les joggeurs font leurs tours autour du bassin d’aviron de 2,3 km. Il y a aussi un camping, une piste d’athlétisme et du beach-volley.
Le MammelokkerRegardez au-dessus de la porte de cette petite maison contre la Halle aux draps : une jeune femme donne le sein à un vieil homme. C’est la légende romaine de Pero, qui allaita son père Cimon quand il fut laissé mourir de faim en prison. Quand cela se sut, il fut libéré. Les gardiens de la prison de la ville, qui se trouvait dans les caves de la Halle aux draps de 1742 à 1902, habitaient ici. Mammelokker est le dialecte gantois pour « suceur de sein ». Le relief date de 1741, resculpté par Jan Anteunis en 1962.
Le Karel SabbebergLa seule montagne de Gand, haute d’une trentaine de mètres, faite de main d’homme. Jusqu’en 2003, Gand y skiait sur des tapis de brosses. En 2019, elle fut nommée d’après l’ultrarunner Karel Sabbe, qui la monta et la descendit des milliers de fois à l’entraînement. Depuis 2009, une tour d’observation au sommet domine la ville.
Les cuberdonsDes bonbons violets en forme de cône au cœur de framboise coulant, vendus depuis de petits chariots sur le Groentenmarkt.
Les tramwaysLes tramways blancs et jaunes de De Lijn, qui font sonner leur cloche dans les rues étroites de la vieille ville.
Les Fêtes de GandDix jours chaque juillet où toute la vieille ville devient l’un des plus grands festivals de rue d’Europe.
La ville cyclableDepuis 2017, les voitures ne peuvent plus traverser le centre tout droit, et les vélos ont pris possession des rues.